La Cité des Sciences  dehors et dedans:
hypervision d'une architecture

A la Cité des Sciences,  la compétence du maître d’oeuvre Adrien Fainbilder lie les éléments de l’édifice au tout, avec cette part d' inachevé qui en est l’occupation, la fréquentation. L’architecte s’occupe de ces flux relationnels, en prévoit certains, en appelle d’autres à venir. L'architecture de La Villette recèle ainsi une topostructure plus riche que ne le permet une observation de surface. C’est en la parcourant jusque dans ses points de vues peu fréquentés, qu’on la découvre, et qu'à l'évidence l'expérience acquise chez l'architecte- paysagiste Hideo Sasaki a été ici réinvestie. Telle  aura été notre préoccupation pour élaborer un projet « qui fait lien », entre le sens à la forme, le déjà inscrit et l’encore à dire. Ainsi de l’exploration initiale et de son revisionnement vidéo ont émergé plusieurs lieux d’implantation potentielle. Des captures d’écran - avec des croquis rapportés - viendront appuyer nos propositions.

Emission, réception: question qui ne reste pas sans réponses. En voici quelques unes, variables en site d'implantation, en importance comme en chronologie :

de l’agora à l’apyramide : à l’issue d’un minutieux repérage de La cité des sciences, tant de l’extérieur que de l’intérieur, nous pensons que notre proposition pourrait être structurelle. L’agora serait ainsi un lieu de circulation effective, avec sa signalétique, ses lieux d’interaction, de consultation et d’émission (visiophonie augmentée). Le décor mêlerait habilement réel et virtuel, selon le principe escherien ci-dessous.

Dans Miroir Magique  lithographie de 1946, Escher suggère que les images réfléchies deviennent vivantes et poursuivent leur existence dans un autre monde: 
« Du côté du miroir le plus proche du spectateur, nous voyons naître, sous une poutre inclinée, une petite aile ainsi que son image réfléchie. A mesure que nous longeons le miroir, cette aile devient un chien ailé. Mais ce n'est pas tout: l'image réfléchie croît également, et au moment où le chien ailé quitte le miroir, la réflexion s'en va dans la direction opposée. Les deux réalités se multiplient et se métamorphosent en un fond. » B. Ernst

Cet espace à expérimenter serait comme une sorte de  jardin futuriste, combinant les ressources  transcultur- elles des quatre horizons [+].  Les découvertes et les surprises en appelleraient d’autres, au sein d’un continuum musical.

fractales du continent humain : sous la superbe voûte de La villette, une sphère intègre le flux des informations en provenance de la planète. En fonction d’algorithmes des sept intelligences, des prévalances s’instaurent tour à tour. Le w.w.w. n’est plus accaparé (cette évidence étant apparemment noyée dans le flux trompeur des données) : il sert la diversité des rapports au Monde, fournit des faits et réalise leur croisement hyperméd- iatique. L’espace et le temps se conjuguent  en un continuum de données.  Comme précédemment, selon le seuil par lequel accède l’interacteur (nord, sud, est, ouest) une portion de l’agora s’hyperactive et la collecte des données s’infléchit : les interfaces s’adaptent en forme et en fonctionnalités : le climat audiovisuel change autour de nous. Nous avons le sentiment d’être "reconnus" et accueillis gràce à la "visiophonie augmentée".

de l’apyramide virtuelle au planétarium : dans les années soixante on a parlé de communication « orchestrale » en opposition aux  linéarités « télégraphiques » de Shannon. E(X/S)O actualise  la richesse holistique du Cyber-Opéra pour rendre compte du continent humain: une portion d’extérieur abrite une infinité d’intérieurs et le flux inverse est vrai jusqu'à la dimension initiale, dans les deux sens où opèrent les hypermédias : collapse (analyser, structurer, concevoir, potentaliser...) et expand (synthétiser, développer, scénariser, réaliser...). Avec les puissants moyens de diffusion du planétarium nous scénariserons la diversité de ces échanges  entre les hommes jusqu'à l’envol, l’essaimage des sphères, tel que l’imagina Jean Jacques Lemetre.

télédomotique et nomadisme : notre projet serait incomplet si nous n’avions pas également envisagé une structure de diffusion à la fois télédomotique et mobile, réalisant des liens à distance tout en se déplaçant elle-même pour faire partager ses fonctionnalités exceptionnelles. Les expériences réalisées grâce à ce centre des ressources itinérant viendraient enrichir le corpus d’Arte et de La Cinq. Nous envisageons, en partenariat avec l’Unesco, un programme d’éducation fondé sur une acception élargie de l'intelligence, dont la relation du cercle et du carré est une bonne métaphore.